Qui suis-je ?

Je suis une jeune bibliothécaire qui souhaite partager ses lectures avec le plus grand nombre

 

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J'ai la chance de faire partie du Club des Théières

Samedi 16 août 2008

Chers Bérénice addict, je vais vous parler aujourd'hui d'un livre qui fait partie de la rentrée littéraire. Il s'agit du premier roman de Florence Ben Sadoun, journaliste de métier, à paraître chez Denoël. Je dois dire que j'adore les livres publiés chez Denoël en général, même si je lis plus les parutions étrangères que françaises, et notamment celles de Sarah Waters, mon auteur préférée. Voici le résumé de la quatrième de couverture :

"Aujourd'hui je suis plus vieille que toi alors que j'avais neuf ans de moins que vous..." Ainsi commence La Fausse Veuve. Tutoyant et vouvoyant dans la même phrase son amant disparu, l'héroïne lui raconte, et nous raconte, dix ans après, l'histoire qui leur a été volée. Ce que furent leur amour, leurs moments de bonheur, et aussi le désespoir, leurs muets tête-à-tête à l'hôpital quand, victime d'un grave accident cérébral, il s'écroule, et se réveille paralysé et privé de parole."[...]

Pour tout vous avouer, je ne crois pas que cette lecture restera à jamais dans ma mémoire, d'ailleurs, je l'ai achevée il y a quelques jours et déjà, il ne me reste q'une impression, quelque chose de flou dont les contours ne sont pas très bien définis. Heureusement que j'ai pris des notes durant ma lecture. Voici ce que j'ai écrit : " le début est laborieux, la narration devient plus fluide ensuite. La lecture se fait d'une traite (en effet, les 107 pages se lisent sans reprendre son souffle). Beau dénouement, mais goût d'inachevé, on a le sentiment que tout n'a pas été dit." Vous me direz, et vous aurez raison, que taire des aspects d'une relation fait travailler l'imagination du lecteur, le rend actif, mais la relation qui est évoquée dans le roman est tellement intime, tellement personnelle, qu'imaginer quoi que ce soit est rendu très difficile par la nature-même de cette relation.

En fait, j'ai l'impression que l'auteur avait besoin d'écrire cette histoire pour s'en délivrer, et qu'elle a ensuite cherché un éditeur pour la publier, mais il y a des cas où publier une catharsis est plus que superflu.

J'ai relevé une phrase qui me paraît appropriée pour illustrer mes propos : " Si le mot hôpital a le même accent circonflexe que le mot hôtel, en souvenir de la lettre s qu'ils ont tous les deux perdue sur la route de l'évolution orthographique, le "vostre d'hospital" n'a rien d'hospitalier". C'est typiquement le genre de phrase qui me fait décrocher de la narration, qui me fait me dire, en toute modestie, que j'aurais pu écrire le livre moi-même.

Quand on pense que plus de 670 romans vont être publiés en septembre, je me permets, à mon niveau, de vous conseiller d'en lire un autre plutôt que celui-ci.

par Amy publié dans : Critique d'oeuvre
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Lundi 21 avril 2008

Les orphelins du mal1995, en Allemagne. Le même jour, quatre hommes sont découverts, une ampoule de cyanure brisée dans la bouche, nus, la main droite coupée. Une seule certitude : les quatre hommes sont tous nés dans un Lebensborn, l'organisation la plus secrète des nazis, des haras humains où les SS faisaient naître de petits aryens pour réaliser leur rêve dément d'une race pure. Les autorités allemandes étouffent l'affaire.

Paris, 2005. Anaïs, jeune journaliste, est contactée par un étrange personnage, Vidkun Venner, un riche collectionneur norvégien. Vidkun a reçu une mallette, anonyme, contenant quatre mains momifiées. Quatre mains droites. Il veut qu'Anaïs l'aide à découvrir d'où elles viennent, et pourquoi on lui a envoyé ce macabre colis.

Très vite, la tension monte autour d'Anaïs. À mesure qu'elle avance dans son enquête, des signes inquiétants surgissent, des dossiers d'archives sont volés, des témoins refusent de parler, d'autres... disparaissent. Anaïs en vient à douter : tout s'est-il vraiment arrêté à la fin de la guerre ?

Un terrifiant parcours initiatique dont ni Anaïs ni Vidkun ne sortiront indemnes.

Vous allez vous dire, chers Berenice Addict, que je vous parle plus souvent des lectures que je n'ai pas appréciées plutôt que de celles qui m'ont plues. Mais il est vrai que je trouve plus facile de parler des premières que des secondes. Alors, encore une fois, je viens vous raconter une lecture décevante.

Je m'attendais à lire un roman sur les Lebesborn, ces maternités sorties de cerveaux nazis malades qui voulaient recréer une race aryenne pure en accouplant des jeunes officiers SS et des jeunes femmes saines et blondes, bien sûr. Alors oui, pendant environ quatre pages, c'est-à-dire pendant le prologue, c'est bien cette histoire qu'on nous raconte. Mais ensuite, l'auteur mélange les époques, les noms des protagonistes, et on assiste à une montée en puissance du... n'importe quoi. Ce qui aurait pu être une évocation historique des trops méconnues maternités nazies devient un récit totalement délirants sur des expérimentations qui auraient encore lieu aujourd'hui en Norvège, afin de créer l'homme parfait en clonant des êtres sains. Ah oui, j'oubliais : au passage, Nicolas d'Estienne d'Orves veut nous faire croire qu'Hitler aurait eu un fils avec une paysanne polonaise qu'il avait lui-même sélectionné quand ses troupes ont envahi le pays. Dan Brown a trouvé son digne successeur...

L'action est rapide, et pendant le tiers du livre, ça marche, on est emporté et on a vraiment envie de savoir pourquoi on retrouve des cadavres pendus et brûlés aussi bien en France qu'en Allemagne. On partage les interrogations de l'héroïne, Anaïs, et on a peur pour elle. Mais dépassé ce premier segment du livre, on regrette juste d'avoir commencé ce roman farfelu parce qu'on sait déjà qu'on va se forcer à aller jusqu'au bout alors qu'on a une PAL démesurée qu'on alimente en piochant dans la bibliothèque de sa mère ! Si c'est pas du vice...

Dommage, je me disais que peut-être un nouvel auteur de romans historiques était né. 

par Amy publié dans : Critique d'oeuvre
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Mardi 8 avril 2008

J'ai été taguée par Fashion, je me plie donc à l'exercice... Il s'agit de vous parler de diverses "Premier / Première" de ma vie. Attention, révélations à la clé... ou léthargie totale selon l'intérêt que vous trouverez à ces propos. Prêt ? C'est parti !

Mon premier job : C'était un job d'été, j'avais 16 ans et je travaillais sur l'exploitation agricole de mon oncle et ma tante. Je plantais des choux, j'arrachais des pommes de terre et je faisais du ménage dans leurs gîtes ruraux. J'étais très heureuse de pouvoir trouver un job d'été avant mes 18 ans, grâce à eux j'ai pu mettre de l'argent de côté et me faire des petits plaisirs comme... acheter des livres sans avoir besoin de quémander de l'argent à mes parents.

Ma première voiture : Sachez d'abord que pour moi, le permis de conduire a été une source d'angoisse qui a duré environ... deux longues années ! Et oui, parce que j'ai fait la conduite accompagnée ! Pour le code, pas de problème, sauf que les cours étaient deux fois par semaine le soir et comme je l'ai préparé l'été de mes seize ans, je devais y aller après mes journées de travail susmentionnées, pas toujours très cool... Mais c'est quand la partie pratique est arrivée que les ennuis ont commencé. Je ne voulais jamais prendre le volant en présence de mes parents, j'étais tétanisée à l'idée de planter leur voiture dans un mur, un arbre, une autre voiture (rayez la mention inutile). Bref, j'étais très soulagée d'avoir mon petit bout de papier rose la veille de mon  départ à la fac à 250 kilomètres de chez moi (j'ai eu chaud !), obtenu après tant de larmes (vrai) et de sueur (faux, faut pas exagérer non plus). Ma première voiture, c'était un Matiz bleu "EDF" (Daewoo, c'est coréen), payée par mes parents pour m'éviter une dépression nerveuse à cause de la Vendée, où je faisais mes études (quelle idée aussi...). Ma première vraie voiture, c'est celle que je rembourse depuis trois mois, toujours une Matiz mais grise pour mieux me fondre dans le paysage.

Ma première page de scrap/web : c'est celle-ci, ma première page web, je ne suis pas douée pour le scrap, il faudrait que j'assiste à une démonstration pour me rendre compte. J'ai du matériel, des ciseaux crantés de plein de formes différentes, mais rien à faire ! Ma seule activité manuelle consiste, tout comme Fashion, à broder au point de croix.

Mon premier voyage : je ne sais pas ce que comporte cette rubrique, mon premier voyage/vacances, mon premier voyage hors de la Bretagne, mon premier voyage à l'étranger ? Je pense que le plus marquant, c'est quand je suis partie sur la Lune, dans un bled qui avait 50 ans de retard sur les autres (selon les bleds voisins), j'ai nommé... la Vendée ! Oui, je sais, je suis méchante, mais j'ai été très marquée par mon passage là-bas. Je commençais mes messages à mes amis par "Allô, la Terre ? Ici, la Lune..." Ca a duré deux ans, j'ai depuis éradiqué cet endroit de mon cerveau.

Mon premier baiser : Il s'appelait Mickaël, il était grand, fort... nous avions six ans, nous étions en C.P. et il avait embrassé ma meilleure copine cinq minutes avant dans la cour de récréation. Autant vous dire que je l'ai plaqué dès que je l'ai su.

Je suis sûr que vous encore plus addict maintenant que vous savez tout cela. Et oui, qu'est-ce que vous voulez , ma vie est palpitante ! D'ailleurs en ce moment, je ne suis pas en train d'écrire mon article derrière mon ordinateur, je le dicte depuis Londres où j'ai été mandatée pour aller chercher un manuscrit du XVème siècle. Mais je vous raconterai tout cela une autre fois, toutes ces émotions risqueraient de vous faire perdre la tête.

par Amy publié dans : Blablabla
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Lundi 31 mars 2008

La consolante« Charles Balanda, 47 ans, architecte à Paris, apprend incidemment la mort d'une femme qu'il a connue quand il était enfant, et adolescent.
« Il déchire la lettre et la jette dans la poubelle de la cuisine. Quand il relève son pied de la pédale et que le couvercle retombe, clac, il a l’impression d’avoir refermé, à temps, une espèce de boîte de Pandore, et, puisqu’il est devant l’évier, s’asperge le visage en gémissant.
Retourne ensuite vers les autres. Vers la vie. Se sent mieux déjà. Allez... C’est fini.
C'est fini, tu comprends ?»
Le problème, c'est que non, il ne comprend pas. Et il n'y retourne pas, vers la vie. Il perd l’appétit, le sommeil, abandonne plans et projets et va essayer de comprendre pourquoi tour se fissure en lui; Et autour de lui. Commence alors un long travail de deuil au bout duquel il est obligé de se rendre à l’évidence : l’échelle de cette vie-ci est illisible et il faut tout rebâtir.» 

Voilà, j'ai fini La Consolante. J'attendais ce livre depuis environ trois ans et demi, c'est-à-dire depuis que j'ai refermé Ensemble, c'est tout. Le problème, c'est que j'ai été déçue. J'avais envie de magie, d'alchimie entre les personnages, de sentiments du quotidien, de l'essence-même du style gavaldien (gavaldesque ?). Malheureusement, je n'ai rien retrouvé de ce qui m'avait plu dans ces ouvrages précédents. Les personnages ne sont pas consistants, on n'a pas envie de compatir, on a plutôt envie de les secouer pour qu'ils réagissent. Il m'a été difficile de rentrer dans l'histoire : on ne sait pas  de qui on parle, de quoi, qui sont les interlocuteurs de la conversation. Non, j'exagère à peine. Les caractères ne sont pas assez creusés pour qu'on se les approprie, pour les faire nôtres et avoir envie de les voir évoluer et grandir.

L'écriture n'est pas aussi maîtrisée qu'on pourrait s'y attendre. J'ai trouvé ennuyeux que les pronoms personnels sautent régulièrement. Je sais, c'est un procédé narratif. Mais est-on obligé d'user du même procédé narratif pendant des pages et des pages ? De faire des phrases très courtes et d'aller à la ligne pour commencer la suivante ? Cela rend la lecture hâchée, pas très facile à suivre.

Bien sûr, il y a quelque bons moments : le personnage de Kate est très vivant, on a forcément de l'empathie pour une femme comme elle. Au début du roman, Charles fait une description des ses soeurs et de leurs maris qui vaut son pesant de cacahuètes. On est ému de la relation qui se tisse entre Charles et sa belle-fille. Mais tout cela reste en surface et on n'a pas envie de faire l'effort d'aller creuser.

J'ai une théorie bien à moi : j'ai adoré Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, beaucoup moins Je l'aimais, j'ai craqué pour Ensemble, c'est tout et très peu pour La consolante. Un sur deux. Parions que le prochain roman d'Anna Gavalda soit du meilleur cru. En même temps, je suis nulle en maths, ne m'en veuillez donc pas si je me trompe, chers Bérénice Addict...

par Amy publié dans : Critique d'oeuvre
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Jeudi 20 mars 2008

En cet été 1886, Paul Gauguin se rend pour la première fois à Pont-Aven, célèbre village qui accueille depuis longtemps déjà des peintres de tous les horizons. C'est dans cette atmosphère d'émulation artistique que Clémence va passer ses vacances au manoir de Rosmadec. Mais le meurtre d'un jeune modèle de la région vient ternir son séjour, d'autant que le principal suspect se révèle être Gildas, son ami d'enfance. Éprise de justice et certaine de l'innocence de son ami, elle va mener sa propre enquête. La jeune peintre consacrera son temps à rechercher le coupable, mais profitera aussi de son été parmi les siens pour perfectionner son art aux côtés du maître.

 

Chers Bérénice addict, me voilà de retour avec une connexion internet toute neuve. Si je vous dis que j'ai réussi à faire les branchements toute seule et surtout à installer le logiciel de lancement comme une grande, vous répondez quoi ? La quichitude m'aurait-elle abandonnée ? Je n'irais pas aussi vite en besogne si j'étais vous...

 

Toujours est-il que je vais reprendre mes bonnes habitudes et vous parler d'une de mes dernières lectures, Eté meurtrier à Pont Aven, qui inaugure une nouvelle série dans la collections "Grands détectives" chez 10-18.

 

Les enquêtes de Clémence de Rosmadec - Les enquêtes de Clémence de Rosmadec, T1

 

Je pense que, si comme moi vous êtes un/e LCA, vous n'avez pas pu rater ce roman sur les tables des libraires. Le deuxième tome est paru dans la foulée, La noyée du pont des Invalides.

 

Clémence de Rosmadec est une jeune bretonne qui étudie la peinture à Paris. Elle passe ses vacances d'été chez sa grand-mère avec toute sa famille. Chaque membre a un caractère bien trempé qui contribue à dynamiser la lecture. Par exemple, son oncle est prêtre mais il a un fort penchant pour l'alcool, ce qui donne lieu à des tableaux assez épiques. Le séjour estival de Clémence commence très bien puisqu'elle reconnaît Paul Gauguin dans la foule des peintres venus pour peindre la côte de Pont Aven, mais ses espérances se noircissent quand elle trouve le corps d'une jeune prostituée dans une crique où elle aime se baigner.

 

J'ai beaucoup aimé ce polar historique. Le personnage principal est très agréable à suivre : son coeur balance entre deux hommes, elle appartient à une famille matriarcale et à l'exception de la mère de Clémence, toutes les figures féminines du livre ont un caractère très fort, ce qui n'est pas pour me déplaire. L'intrigue est peut-être faiblarde de temps en temps, mais on oublie vite cet aspect des choses au profit du profil et de la profusion des personnages. A titre personnel, les descriptions de la côte, de la mer, des paysages m'ont beaucoup plu.

 

Je laisse passer un peu de temps avant la lecture du second volume car je ne sais pas quand ou même s'il y aura une suite, je savoure donc.

par Amy publié dans : Critique d'oeuvre
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